lundi 12 mars 2012

Si mon père était ma mère, serais-je encore moi ?

Pour ce projet j'ai tout d'abord mis en évidence la notion de dualité, le père, la mère, qui deviendront ici, deux figurines fantomatiques asexuées. Serais-je encore moi ? Reste une question sans réponse à la libre interprétation de chaque spectateur.

Pour la réalisation des silhouettes de papier je me suis inspirée du travail "Théâtre d'ombres" de Christian Boltanski, une installation de figurines métalliques découpées misent en scène par des lumières qui projettent des ombres sur les murs de la pièce créant ainsi tout un univers à échelle humaine. 


Ce jeu entre l'amusement de petites silhouettes découpées de façon naïve et l'angoisse des projections fantomatiques et intrigantes a aussi été un de mes objectifs. Une thématique de l'enfance, toujours entre l'innocence et la torture de la peur.

J'ai voulu recréer cet univers en plaçant mes deux figurines sur un fil métallique qui les fera plus ou moins bouger, sur ces personnages énigmatiques sera projetée d'un stroboscope une lumière par intermittence qui dessinera les ombres de ceux-ci au sol, provoquant ainsi des apparitions fantomatiques.
Un son électronique aiguë en boucle sera diffusé, pour accentuer l'angoisse et créer un sentiment d’oppression, de saturation...

                                                            (Silhouettes de papiers découpés)




Noté en cours : 11/20

Réaliser une stèle pour Antonin Artaud


Antonin Artaud, poète, passionné des Arts, personnage torturé, schizophrène, il subi au cours de sa vie plusieurs cures de désintoxication, et fini par se faire interner en hôpital psychiatrique où il est victime d'une série interminable d'électrochocs..

La psychologie torturée d'Antonin Artaud est ici représentée par ces fils métalliques qui s'entrecroisent et créent un amas informe qui semble s'évaporer comme de la fumée légère et dense. Brillante et agressive, telle son esprit. Cette sensation d'ascension produite par la montée de fil de fer est une façon de représenter la vie pleine de méandres et finalement ce repos trouvé dans la mort ou du moins l'aboutissement de sa vie, qui peut être considéré comme la délivrance à ses tortures. Il disait : "parce qu'en réalité je ne suis jamais  et qu'en vérité je ne peux pas mourir".

Dans l'enregistrement : "Pour en finir avec le jugement de Dieu" sur lequel je me suis appuyée pour réaliser mon travail, j'ai relevé un grand questionnement de la part d'Antonin Artaud autour de la vie, mais plus précisément la fécondité, il parle à maintes reprises de sperm, de reproduction , pour matérialiser ses préoccupations, j'ai choisi d'enfermer dans un bocal un liquide visqueux et gris, tel du sperm qui aurait pourrit, représentant ainsi un départ de vie déjà atypique et malsain.